Itinérance en Vallées Piémontaises...
Sempre più elevata, sempre più avanti ...
Entre Piémont, Haute-Ubaye et Haut Queyras
Départ matinal [6 h... environ, d'Aix] pour cette petite virée de 6 jours. Initialement prévu au départ de Saint Ours pour « pimenter » le parcours dès le premier jour avec quelques beaux cols et un pas à franchir, avec un peu plus de 1000 m de montée... mais la météo étant au « grand beau » nous avons opté pour une option « confort » et plus « courte », avec un « top départ » au niveau de Fouillouse. Le ciel vert de gris ou gris de rage auras quelque peu contrarié nos plans sur cette première étape (et sur d'autres)
Quelques beaux cols auront été franchi : Colle di Bellino, Col de la Gypière, Col Blanchet ou Biancetta, Colle della Battagliola - sous la pluie ! -, Col de la Noire... Quelques beaux passages : le Vallonasso di Stroppia, son Passo dell'Asino avec l'impressionnante cascade de Stroppia, et sa sente du "vertige"... ; l'arrivée au Lago Blue par le Valle Antolina, la montée (assez longue) au Colle di Bellino... et j'en passe. Même si certains secteur ont déjà parcouru, cela vaut [toujours] le détour !
Topo PDF en fin de page ...
|
De l'Ubaye au Valle Maïra De la France à l'Italie... de l'Ubaye au Piémont
6 h 30, le soleil ne darde de pas sur nos tête, non, il pleut, une petite pluie fine continue, insidieuse et froide... Bâché des pieds à la tête, nous entamons notre ascension vers le Col de la Gypière – Colle di Gippiera - perché à 2930 m. Au passage, nous aurons la chance d'observer dans la grisaille du matin deux lagopèdes ... Un lac, puis deux, celui des Neuf Couleurs est toujours aussi beau, même par temps maussade. Un névé plus tard, le col est là. Dommage que le soleil ne soit pas au rendez-vous (ou peut être tant mieux Nous nous « échouons » sur un beau « tapis d'herbe » fraîche, les yeux rivés sur le chemin que nous venons de dévaler ; un sentier que l'on distingue à peine. Si on ne l'avait pas emprunter on pourrait se poser la question : « Ça passe par où ??? » |
Chiappera -1614 m - est le dernier village habité de la Vallée Maira, c'est aussi un village frontière, on peut rejoindre la France (à pied) par différents cols : Colle del Maurin (appelé aussi Mary) qui "débouche" sur Maljasset, le Col Sautron, le Col des Monges (appelé aussi Munie), le Col de Stroppia (ou Nubberia), Colle Feuillas, mais aussi le Col de la Gypière... qui eux "débouchent" sur Larche...
|
|
Après une bonne heure de pause, nous enfilons nos « godillots » et filons à Chiappera. Très joli petit hameau, bien restauré, aux toits en lauze, et aux murs en pierre. Quelques photos, un café bien serré, et une averse plus tard nous sommes de nouveau au refuge. Demain une belle journée ensoleillée est annoncée & elle sera longue...
|
|
|
Colle Di Bellino - 2804 m -
Entre Hautes Vallées de Varaita et de Maira Valle Varaita - Valli del Monviso...
Départ matinal, mais pas trop : 7 h... Aujourd'hui les « cuisses » ont le blues... Les 1300 m de descente de la veille ont été un peu « rude », surtout que celles-ci n'étaient pas rompues à l'exercice depuis un petit moment. La journée (longue) qui nous attend risque d'être un peu difficile ; le réveil musculaire compliqué. Nous suivons la GTA - aucun "rapport" avec le GR5
Mon acolyte file devant... je reste le nez sur mes godillots, un premier raidillon me sorts de ma rêverie : Purge, c'est « dur » ! Je lève le nez, hume l'air. Aujourd'hui, je suis rincée, et c'est compliqué d'avancer. Un arrêt s'impose. Je « m'écroule » de bonheur ! Je panse mes ampoules naissantes (qui de la chaussette ou de la chaussure est responsable ???). Je lève le nez en arrière, et dis : « C'est encore loin, je vais pas y arriver ! ». Une barre – non deux – des fruits secs... J'hume à nouveau l'air et me donne « courage » pour « l'assaut final » !.. Il ne reste plus que 400 m de dénivelé positif, autant dire que le plus « gros » a été fait ! Un lacet, puis deux... Je mets un pied devant l'autre, compte 6 pas (des petits, toujours quand ça monte !) et me laisse porter vers le Colle di Bellino, la sente se relève, quelques cailloux traversent le sentier tentant vainement de me faire trébucher. Je sors de ma bulle, car j'entends : « Bouquetin !! ». Où donc ? Ah... oui dans le lointain, un bouquetin solitaire joue l'équilibriste sur des pentes herbeuses et quelques peu abruptes. Une photo, enfin quelques photos... et je repars : 1, 2, 3... Le Col est en vue, quelques taches multicolores se détachent, il y a du monde là haut. Mon acolyte, y est presque : « impact » dans 30 sec. (Vue sa forme, elle est redescendue chercher mon sac. - Merci !] Quelle énergie – ça fait peurrrrrrrrr - !) Je continue ma route plus légère que « jamais ». J'arrive au col, et là je « m'écroule » à nouveau, rincée, mais contente d'être enfin là !
Sympa la vue... au lointain les Alpes enneigées. Le Colle del Autaret nous fait face – je percute à ce moment là que le secteur que l'on va parcourir jusque Melezé, ne m'est pas inconnu. ! Très drôle, j'ai pourtant étudié la carte, fait l'itinéraire, mais ne passant pas le Colle del Autaret, je n' ai guère fait attention ... - Une bonne pause au col pour profiter de l'altitude et de ses « bienfaits », quelques échanges avec la « petite famille » rencontrée plus bas (nous nous souhaitons le « meilleur » pour la suite de nos périples respectifs. Courage à eux, car ils bivouaquent, et leur sac, pffffff... en impose !). |
Nous entamons la descente ; au passage je capture dans mon viseur, la jolie renoncule des glaciers – qui tapissent les pentes caillouteuses du « Bellino » et qui donnent un touche rose à cet ensemble bien grisâtre. Il fait « faim », la pause « syndicale » est dépassée, rien de bien dramatique l'herbe grasse ne manque pas pour se pauser. Le ciel s’assombrit, l'humeur de la météo change. Le chemin qui reste à parcourir est encore long, nous nous remettons en route. Le vallon est magnifique, il y a des fleurs partout : anémones, ails sauvages, myosotis, renoncules... un joli patchwork multicolore que je capte avec mon « viseur »
Un petit lacet, puis un grand... Pian Ceol, St Anna de Bellino... et pour finir le Refuge !
St Anna di Bellino Quelle belle étape... 8 h au total (avec quelques belles pauses tout de même). Le ciel aura fini d'en finir avec sa valse d'hésitation, il finit par craquer et « balancer » tout ce qu'il peut : des trombes d'eau ! Cela n'aura pas durée longtemps, mais pour sûr nous sommes arrivés à temps.. Bellino : "il comune più alto della Valle"... Une belle soirée... de beaux échanges. (J'oubliai une bonne bière local... aussi |
|
Nous quittons la Haute Vallée de Maïra pour « pénétrer » maintenant de le Val Varaita di Bellino
|
|
|
Entre les deux vallées de Varaita Valle Varaita di Bellino & Valle Varaita di Chianale
Comme nous n'arrivons pas avoir un bulletin météo à peu près fiable nous avons opté pour le Colle della Battagliola. Aujourd'hui, des orages sont annoncés, la « prudence » est donc de mise. Le « Bondormir » est exposé aux "quatre vents" et ses pentes sont à découvert et raides à souhait avec un balisage quasi inexistant (versant Bellino). Va donc pour le « Battagliola » [tout aussi raide] où jadis les Piémontais et les Français, en l'an 1744 livrèrent bataille (
Après cette parenthèse culturelle, nous rentrons dans le vif du sujet : la MONTÉE ! Et celle-là, bien qu'elle soit bucolique et champêtre car elle se déroule en grande partie à couvert, à travers une magnifique forêt, elle est très raide... Le sentier a été tracé « droit dans la pente » ou encore « dré dans l'pentu » ! (Y'avait bien moyen de passer par ailleurs : au détour d'une épingle à cheveux à la sortie de Pleyne, une piste montée jusqu'au col (la montée y avait l'air plus douce, tout du moins sur la carte), mais allez savoir pourquoi, on a poursuivi jusque là !) On doit « aimer » ça, se fatiguer les mollets ! Puisqu'il le faut, grimpons ! Au dessus de nos tête la bataille entre nuages et soleil est engagée ; ça se couvre, ça se charge... mais c'est toujours le flou le plus total ou presque. Nous entrons dans : Borgata Mas del Bernard 1470 m... sur la GTA ou U63, et accessoirement sur la Via Alpina... Au vue de ma (très) grande forme, je sens que comme la veille... « ça va e'te pénible » ! J'observe avec attention mes chaussures afin d'oublier que « ça grimpe ». De temps à autre je lève le « nez » et fais une ou deux photos, histoire de rompre la monotonie de la montée. On passe : les Granges del'Ap 1701 m, puis celles d'Espeira 1924 m... puis celles de Forest 1998 m, nous sortons de la forêt ; fini par la même occasion le « dré dans l'pentu », nous entamons « l'assaut » final sur une belle piste tout en lacet. Au dessus de nous, les nuages ont fini par gagner le match. Le ciel s'est assombri... Nous avons droit à une vrai palette de gris, du plus clair au plus foncé. Au loin deux silhouettes se distinguent ; le col lui se devine tout juste...
|
Une goutte, puis deux. C'est au pas de charge que je remonte la piste, visant un mélèze dans le lointain pour me mettre à l'abri (c'est pas très judicieux, mais pour l'heure l'orage n'a pas encore « sonné »!) le temps de bâcher mon sac, et d'enfiler mon pantalon de pluie. C'est fait ! Il peut pleuvoir maintenant ! Trois gouttes, puis la pluie se décide « enfin » à nous dégouliner presque dans les godasses. Nous poursuivons toujours sur la piste, nous croisons quelques marcheurs qui font le chemin en sens inverse. Battagliota est atteint, il nous laisse tout juste le temps d'entrevoir le Monviso...
Dans le lointain j'entends comme un bruit, puis plus rien. Je tends à nouveau l'oreille l'orage est là ! Mon acolyte qui a pris la peine de s'assoir pour entamer son "panini" n'auras pas le loisir de le finir, car je ne lui donne pas le temps de prendre une seconde bouchée... Nous entamons alors une descente au pas de charge dans des pentes plutôt raides et glissantes. Nous sommes à couvert, les mélèzes nous « protègent » un peu du déluge. Les bâtons sont rangés, sportif la descente, car nous n'avons plus ces précieux « outils » pour nous aider à contrer quelques belles glissades ou autres figures acrobatiques, et heureusement « sieur postérieur » n'a pas lourdement chuter sur le sol. Là haut, ça se déchaîne, nous avons droit à un beau spectacle son et lumière ! La pluie s'acharne à nous mouiller. Pontechianale – enfin ! - (où nous aurions pu faire une halte salutaire dans un bar), mais mouiller pour mouiller nous poursuivons, guidées par une pancarte « Chianale ». Ici plus de balisage ; on suit le Torrent Varaita di Chianale sur une belle piste. On retrouve un peu plus loin, après le passage d'un pont, le tracé de la GTA qui part à droite et à gauche sans plus de précision. La carte est de sortie (sous la pluie et sans protection). Main gauche. On est en « phase montante ». J'ai comme un doute, je ressors la carte : Euh... Non c'est bon. Ça grimpe encore. Je reconnais au loin le « carrefour » : à main gauche c'est la direction du Colle del Bondormir, et à main droite celle de Chianale. Nous filons (toujours en mode ascension) sur le très beau sentier « Dettor Crotto » ou U70. C'est « interminable » ! La pluie diminue en intensité, et nous offre même une légère accalmie, le soleil quoique timide se montre. Va-t-on sécher un peu ? On dégouline, et ce malgré notre équipement « high-tech ». Le haut commence tout juste à dégorger que la pluie revient juste histoire de... On arrive au final à Chianale sous un soleil timide, mais toujours mouillées !
Chianale : “I più bei borghi d’Italia”....
Le refuge ne compte que 4 occupants (nous compris). Encore une soirée placée sous le signe du bien manger et du partage.
|
|
Lago Bleu - Col Blanchet - Refuge de la Blanche (Queyras)
De la Vallée de Varaita à la Vallée de l'Aigue Blanche
La montée est « ludique » : vallonnée, avec quelques portions un peu raide, un sentier aux courbes parfois généreuses avec une vue bien dégagée (quand il fait beau). C'est à 7 h que nous « décollons », au menu : des lacs, et encore des lacs, trois vallons et un col. Nous quittons la GTA avec qui nous avons partagé quelques « bons moments » pour emprunter tout d'abord le joli « U21 » puis se sera ensuite le "U59" |
L'idée initiale était de passer par le Col de Saint Véran 2844 m et « d'accrocher » le Pic de Caramantran, mais la forme n'est toujours pas au rendez-vous. Je me mets en mode « ascension » : casque vissée sur une oreille (l'autre pouvant servir à détecter un bruit « suspect » (ou pas)), j'avance en rythme, et entame cette belle montée à travers le Vallone di Antolina ; d'abord à « couvert » à travers de beaux mélèzes (mais pas que...), puis ensuite c'est Costa Buscet, puis les Granges dell'Antolina et sa vue imprenable sur le Mont Viso - tout proche ou presque - et le premier lac : le Laghi Blu. La frontière n'est pas loin, elle se situe juste au-dessus, elle est marquée par le Col Longet 2647 m – point culminant de la Vallée de l'Ubaye – Nous poursuivons dans le Vallone Biancetta, encore quelques efforts et c'est le col, puis derrière la France, plus précisément le Queyras. Le vent nous bouscule, et nous glace. Nous nous mettons à l’abri sous le col, afin d’admirer le Mont Viso quelques instants puis entamons la descente vers le Lac Blanchet (inf.) pour nous pauser ; au passage nous nous ferons copieusement « chahuter » par le vent qui souffle fort, il manque de nous faire trébuchet. Il fait froid, le bonnet est de sorti. Le lac est vite atteints, nous sommes à l’abri des bourrasques. Nous prenons notre temps, le refuge n'est plus très loin, et il est tôt. Nous profitons du soleil. Le casse-croûte avalé, quelques échanges plus tard, nous voilà en mode « descente ». Au passage on « admirera » le menu du lendemain : le Col de la Noire (en espérant une fenêtre météo tout aussi clémente et moins « fraîche » !). Le refuge est plein ce soir, rompant avec le calme des soirées précédentes. Dehors le ciel nous offre un très joli spectacle : le soleil se couchent, au passage il embrase la Roca Bianca, qui se pare d'or, la Tête des Toillie « plus timide » reste dans l'ombre pendant que des nuages s'étirent et jouent dans le ciel offrant tout une palette de couleur : gris, noir, orange, jaune... ; tout simplement superbe. Le vent souffle toujours, il fait froid. Nous nous mettons à l'abri. Quelques beaux échanges plus tard, nous voilà paraît pour de beaux rêves sous une couette bien chaude. Demain le beau est annoncé, une belle est longue journée est au menu, l'avant dernière, de ce beau tour 2017
|
Tout l'équipement nécessaire à l'itinérance en refuge.
- Carte IGN : Pnr du Queyras : Guillestre - Vars - Risoul - 3537 ET
- Carte IGN : Aiguille de Chambeyron - Cols de Larche et de Vars - 3538 ET
- Chaminar en Val Maira carte au 1:20 000ème de Bruno Rosano
- Carte IGC : n°106 Monviso, Valle Varaita, Valle Po, Valle Pellice
Hébergements - Refuges
- Refuge de Chambeyron (CAF) : "Sous la face imposante du Brec de Chambeyron, au-dessus du lac premier (et à proximité de nombreux autres lacs glaciaires), au milieu d'agréables pelouses fleuries, un site préservé et accueillant..."
- Refuge de Campo Base haute vallée de la Maira, Piémont
- Auberge de la Cure (gîte d'étape ou de séjour) Maljasset. Une belle découverte !
- Val Varaita Bellino : Refuge Mélézé Le Refuge se situe à Belino, et est "perché" à 1812 m d'altitude, à côté du Hameau de Saint-Anne. Autrefois édifice militaire il a été entièrement reconstruit en bois et en pierre.
- Chianale, Posto Tappa : Blue Lakes Un enchantement !
Sentiero Dino Icardi
GTA : Grande Traversata delle Alpi
Grande Traversata delle Alpi.. (Site en Italien)































