Planifier un itinéraire...

Il existe moult façons de réaliser un itinéraire. La plus simple [et surtout si c'est une PREMIÈRE] : est de choisir un itinéraire facile, d'utiliser le topo-guide et de se laisser porter (ou presque !). Les topos-guides constituent une bonne entrée en matière pour réaliser un itinéraire : choix du secteur, difficultés, hébergements, les temps de montée et de descente, le dénivelé, les points d'intérêt... C'est un excellent "fils conducteur", et aussi un bon pourvoyeur d'idées.
Comment bien préparer sa 1ère randonnée itinérante ? par S.Dubuis
- Choisir sa randonnée
- Étudier l’itinéraire
- Faire son sac
- Estimer le budget
- Se préparer
- Conseils aux randonneurs, sur I.Trekking
Quelques éditeurs de topos-guides (ici quelques références)
- La collection de la FFRP , certains topos existent en format E-book pour I-Phone
- Les éditions : Rando Éditions
- Les guides Ollivier : topos guides sur le massif pyrénéen.
- Les guides Olizane
- Les guides Rother
- Les guides Lepère : dédiés au Chemin de Saint Jacques de Compostelle
- Les Éditions du Mont Rouch : les guides Trans'Pyr & Trans'Alpes, dédiés à transpyrénéenne HRP (Haute Randonnée Pyrénéenne) et à la “Haute Randonnée Alpine” ("traversée Trans’Alpes se situe très près de la HRP quant au degré de difficulté. Elle s’adresse donc à des randonneurs ayant l’habitude du terrain « montagne » (blocs, orientation, pentes raides, névés…").
- Les beaux livres des Éditions Glénat : Les plus beaux trek des Alpes (I.Kürschner & R.Gantzhom), & la collection "Montagne Randonnée" (Vercors, Aravis, Beauges... etc)
- Les guides Libris
- Etc ...

- Passion rando, édité par la FFRP. Revue trimestriel
- Trek Mag : magazine du trek, voyages, trekking, randonnées et outdoor.
- Carnets d'Aventures, le Voyage Nature : thème du journal : "le voyage sportif itinérant, sans moyen motorisé (à pied, à vélo, en kayak, en canoë, à ski, en cordée, en parapente, à cheval, etc.), dans la nature et avec bivouac."
- Pyrénées magazine
Différents éditeurs de cartes (ici quelques références)
En France
- Cartes IGN au 1/25000
- Cartes Rando Éditions au 1/50000 (données IGN)
- Cartes Éditions D.Richard, au 1/60 000 (données IGN/ compatible avec GPS) . Carte randonnée et patrimoine
- Cartes Libris au 1 : 60 000 sur fond cartographique IGN/ compatible avec GPS. Carte randonnée et patrimoine
En Espagne
- Cartes Alpina avec guide de randonnée, au 1/25000
- Éditorial Piolet au 1/20000 ; 1/30000 ; 1/50000
En Italie
- Carte au 1/25000 des Éditions Fraternali
- Carte (et guide) au 1/25000 & 1/50000 de l'IGC (Istituto Geografico Centrale)
- Carte au 1/25000 & 1/50000 des Éditions Tabacco
- Carte au 1/50000 des Éditions Kompass (Cartes pour la randonnée, le vélo. Pays : Italie, Autriche, Allemagne et internationale : France, Slovaquie, Croatie, Espagne, Grèce, Portugal, Hongrie, République Slovaque...)
- Carte (et guide) Escursionista Editore au 1/25000 (Italie du Nord en autre. Valle d'Aoste, Grand Paradis, Valle Di Chamorcher... etc... etc)
Éditions spéciales
- Carte spéciale du P.N Alpi Marittime. éditer par BLU Éditions : échelle 1/25.000 - Palanfré (Vernante), Valdieri Entracque, Argentera Massive, Matto, Clapier-Maledia-Gelas. Au dos de la carte brèves descriptions de 33 randonnées pédestres et VTT ainsi que des informations complémentaires concernant le P.N Alpi Marittime.
- Carte au 1/20000 de Bruno Rosano : Secteur Val Maira (En "Polyart « résistant à la pluie, au vent, ne se déchire pas dans les plis et est pratiquement indestructible). Version rando ou ski de randonnée.
- Éditeur Deutscher Alpenverein (DAV)
- Asie (Népal, Afghanistan, Pakistan), Amérique du Sud (Pérou, Bolivie), Allemagne...
- Carte Alpenvereinskarte 1/50000
- Randonnée sur la Via Alpina : réalisation du parcours en fonction de la durée, de la difficulté, réalisation d'un road book...
- IGC : institut géographique central de Catalogne
- Géoportail
- Opennerunner : Planificateur de parcours de randonnée multi-activités - Calcul d'itinéraire sur fond de carte GoogleMaps, IGN et OpenCycleMap.
- Alltrails site web américain fondé en janvier 2010.
Itinérance : le "fils conducteur"
De "la table" au "terrain"
Organisation d'une "escapade" en montagne : quelques pistes...
Comment planifier un itinéraire en montagne, sans avoir recours à un topo-guide. Il va de soit que je"dessine" mon itinéraire de randonnée en fonction de mes capacités et de mes aptitudes. En générale je prépare toujours plusieurs itinéraires, sur des secteurs différents : Alpes du Sud, Corse, et en de rares occasions : les Alpes du Nord, et les Pyrénées. Je me "cale" ensuite en fonction de la météo, et des conditions sur le secteur. Il va de soit qu'un minimum d'expérience en montagne, de connaissance du milieu, de connaissance en orientation... etc, sont nécessaires pour ce type "d'escapade". Pour une première expérience le topo-guide et un itinéraire facile sont vivement conseillés De nombreux itinéraires biens balisés et typographiés existent en France, notamment les GR. [Chemin de GRANDE RANDONNÉE]. Leurs difficultés sont variables, tout comme leur longueur ; le choix est vaste et plus que varié.
A lire, sur le site de la FFRP (Fédération Française de Randonnée Pédestre) : Les GR®, des itinéraires qui évoluent / 1947-2013: L’histoire des GR®. Sur ce même site, on retrouve tous les topos-guides des différents GR en France, mais aussi des conseils, des formations, et pleins de topos.
Pour ma part, je procède ainsi :
Définition de l'itinéraire d'après une carte
Je défini le secteur, en observant tout simplement une carte sur le secteur que je "convoite" pour une longue (ou une courte) escapade. Un grand bazar apparaît alors sur ma table de travail : observation des différents tracés : GR, PR et autres suggestions dessinées sur celle-ci : passages en pointillés, itinéraire bleu de "ski de montagne", le relief (accidenté ou pas), les courbes de niveaux, cols, cours d'eau, lacs... ; puis les sommets que l'on peut atteindre soit en passant un col soit en se servant d'un refuge comme "camp de base".
Une fois que la "ligne" a pris forme...
Il ne reste plus qu'à suivre "le fils conducteur", dérouler la "bobine" et se "laisser" ainsi "porter" ou presque. Je complète mon "fils-conducteur" en affinant mes recherches, en compilant toutes les infos que je peux trouver sur la toile (formidable base de données qui fourmillent d'infos, de photos et de vidéos.)
Tout en gardant à l'esprit que toutes ses données : expriment le ressenti sur le moment donné, influencé par : le niveau, le matériel, la condition physique de leurs auteurs, et les conditions du moment, et qu'ils ne peuvent se substituer aux topos-guides et autres cartes.
Je note au fils des étapes tous les renseignements sur l’hébergement : téléphone, sites, les différents moyens d'accès. Certains refuges peuvent avoir plusieurs chemins ; de facile à très difficile. On trouve généralement toutes ses infos sur leurs sites. Je répertorie, ensuite : les éventuelles échappatoires, les points de ravitaillement possibles (village/ville (plutôt rare)/etc), et les éventuelles postes de secours ; les différents moyens de transports que l'on peu trouver sur la zone (navette, bus, etc)
Une fois toutes les données compilées
Je procède de la façon suivante, en tenant compte des différents critères de bases pour calculer mon itinéraire :
La longueur de l'itinéraire : distance et temps (quand c'est possible, en utilisant, un logiciel dédié AllTrails. La combinaison du temps et de la distance permet d'évaluer la durée de l'étape hors pause. Je rajoute toujours une heure.
Le dénivelé (différence entre le point bas et le point haut). Il faut bien penser, à noter tous les points côtés de la carte pour obtenir le dénivelé total de l'itinéraire (comme indiqué sur le schéma ci-dessous ↓). Il faut compter en moyenne 300 m de dénivelé par heure (voir plus selon : sa condition physique, l'entraînement... voir moins : si la pente est forte, par manque d'entraînement, ou d'habitude ou si l'on est fatigué).
- Répartition - autant que possible - de l'effort sur l'ensemble du parcours. Par exemple, commencer l'itinéraire par une journée "courte" (faible en dénivelé, bon sentier...). Prévoir des journées un peu plus "light", voir même selon la longueur de l'itinéraire une journée de repos, afin de récupérer.
- Prévoir différentes solutions de replis en cas de mauvais temps, un "échappatoire" lors d'une traversée... par exemple
Prévoir l’apprivoisement en eau sur le parcours. L'utilisation d'un filtre (ce qui n'est pas mon cas) ou de pastilles comme Aquatabs (c'est ce que j'utilise en itinérance) L'été il peut faire très chaud... - Le type de sentier : sentier "classique", exposés, équipés ou/et hors sentier.
La technicité du terrain : pierrier, moraine, chaos de bloc, couloir, névés éventuels, passage d'escalade facile (niv. I à III), passage équipée de corde fixe, de chaîne, d'échelles, mais aussi de cours d'eau ou de guées.
Réserver l’hébergement (si l'on opte pour le refuge) et de par la même se renseigner auprès des gardiens sur l'état des sentiers dans le secteur : présence de neige, les points "d'interrogation" sur un passage et ses difficultés éventuelles. Si l'on opte pour une version "bivouac", ces renseignements peuvent être aussi utiles(Ce qui permet de compléter l'équipement : brin de corde, baudrier, crampons, piolet, sangles, mousquetons. Attention, toutefois, manipuler ce type de matériel appelé EPI [équipement de protection individuel] requiert un savoir faire, de l'expérience, et un "minimum" de connaissances !)
Voici, ici un exemple, d'itinéraire que j'ai préparé...
"Entre Queyras, Piémont et Haute Ubaye"
(extrait)
10 jours d'un itinéraire qui suit de près la ligne frontière. De col en col, de refuge en refuge, avec accessoirement l’ascension de quelques beaux sommets à chaque étape (ou presque) ...
Réalisation de l'itinéraire, pas à pas
- Mise en page d'un tableau : jour, point de départ et d'arrivée, altitude, bref descriptif de l'étape, dénivelé, temps, difficultés... différentes options : simple, sportive, technique ou pas :
Calcul des des différentes étapes (ici la première). Je m'aide d'Alltrails pour calculer la distance, le dénivelé etc.
Exemple, pour cette traversée : Pour aller du Roux d'Abriès au Refuge Lago Verde, 3 options se dessinent : "la direct" : Le Roux → Col d'Abriès Sud (2658 m) → Refuge del Lago Verde, cot. T1/2, +930 m/10 km/6 h. "La très sportive" : Le Roux → Col de la Mayt (2705 m) → Passo di Frappier [↔ Le Grand Queyron] → Refuge del Lago Verde : cot. T2/3, +1500 m /17 km/10h ; et pour finir "l'intermédiaire" : Le Roux → Col d'Abriès Nord ou Col d'Abriès Vecchio (2662 m) [↔ Δ Punta Rasin] → Refuge del Lago Verde : cot. T2/3, 1250/12 km/7 h (Chemin de crête, large fait de pierraille, petit ressaut en II, pour la Punta Rasin]
- Sur la carte, papier (en principe une copie A3) où je colle des petites gommettes pour faciliter le repérage. Cela m'évite quand je dois revenir sur un point, de chercher...
- Je note au fils des étapes tous les renseignements sur l’hébergement : téléphone, sites... Pour cet itinéraire, j'ai aussi compilé des infos concernant les différents moyens de transport : train, bus, navette ; horaires, gares de départ et d'arrivée, les différents arrêts et lignes de bus ou de navettes.
L’itinéraire voit, ainsi, le jour... après plusieurs heures, voir plusieurs jours. C'est ce que je nomme : "le fils conducteur", une fois sur le terrain il peut être amené à évoluer : selon la forme, l'envie, mais aussi et surtout en fonction des conditions et de la météo. Je finalise mon itinéraire en cherchant soit sur la toile soit si j'ai les topos correspondants, des informations complémentaires sur certains points : difficulté d'un col, d'un sommet, j'inclue aussi un itinéraire "bis"... Ici pour cette première étape, le topo sur la Punta Rasin.
Depuis peu j'utilise aussi système de navigation qui se trouve sur mon téléphone : TowNav pour la France et MyTrails pour l'Italie (plus exactement le Piémont). Je prépare une trace sur AllTrails ou OpenRunner que je télécharge sur mon téléphone (ici le Crosscall Trekker M1). Je garde toujours dans mon sac la carte en format papier de l'itinéraire dès fois que ...
Quelques jours avant le jour "J"
Je complète "mon enquête", auprès des gardiens de refuge, ou des acteurs locaux quelques jours avant le jour "J", afin de connaître au mieux la situation sur le terrain : névés tardifs, éboulement, états des cols ou de sentiers, afin de compléter, si nécessaire, mon équipement ; voir "dérouter" mon chemin.
Ce procéder demande du temps, c'est un vrai travail de "fourmi"...
Autre process... Ici, le "fils conducteur", c'est le topo-guide et la carte
Le Tour du Viso
Pour réaliser le Tour du Viso (en 2003, mon premier itinéraire). C'est le topo-guide
, qui fût "le fis conducteur" de mon itinérance. J'ai pris soin là aussi : d'étudier les cartes
, pour voir si sur le parcours, il y avait moyen de faire un détour ; de faire une variante un peu plus sportive [ici, ce fût le sentier du Postier ou Sentiero del Postiero. Pour mes questionnements, à l'époque, je me suis référée aux différentes infos & images trouvé sur la toile. Au jour d'aujourd'hui, si je devais parcourir ce tronçon, c'est ces deux vidéos (réalisé en 2014 par des AMM [Accompagnateurs en Moyenne Montagne] italiens) qui constitueraient une aide "précieuse" (et complémentaire) :
Giro del Monviso - Sentiero del Postino & Sentiero del Postino).
Pour la version 2003, le repérage des lieux de bivouacs sur la carte : proximité d'une source d'eau : torrent, lacs... Pour la suivante en 2005 je me suis aidée de mon premier parcours
Pour la version, celle de 2016, je me suis inspirée de mes deux derniers tours... et comme ce fût un tour "XL", je me suis documentées entre autre sur la "toile" notamment pour les secteurs : Col Manzol 2667 m. Col Sellière versant italien, Col Armoine, le Rocce Alte Monte Losas 2838 m...
Pour la version 2019, une version "courte", sur 4 jours. L'itinéraire fût réalisé fin juin, la neige était encore bien présente sur certains cols - les plus élevés -. L’itinéraire initiale a été modifié, car il incluait des cols impraticable : Couloir du Porc, Sentier du Postier ...
Avant le "départ"
- Je prends soin de faire des copies - couleurs au format A3, plus pratique que le A4 car plus grandes - des différentes portions de l’itinéraire à l'échelle 1/25 000ème ; je surligne le tracé
pour un meilleur visuel ; je range le tout dans l'ordre, et le mets dans une pochette transparente. J'évite ainsi de déplier et replier la carte surtout si celle-ci n'est pas traitée (ceci fait suite à une petite mésaventure.... : la carte s'est envolée, suite à un coup de vent, elle a fini sa course dans l'eau... bref, j'ai pu la récupérer, hélas dans un triste état). Je peux ainsi mettre mon fond de carte dans ma poche, à porter de main, et suivre l'itinéraire à loisir. Je prend soin évidement de prendre les cartes du parcours qui reste dans le fonds de mon sac. Pour certain passage, ou le degré de pente, est une information dont j'aurais besoin pour poursuivre, je fais alors une copie A4 avec Skitracks (les pentes de degrés sup. ou égal à 30° sont notifiées en rouge). Autre petite astuce, si mon itinéraire comporte plusieurs cartes (plus de 2), j'utilise une autre méthode, le papier sa pèse !, je colle des gommettes de couleurs différentes sur l’itinéraire que j'ai choisi. L'itinéraire une fois la carte ouverte, est plus facile à repérer, à cela j'ajoute un "gros trombone" en guise de "marque page". - Je prends la "tendance" météo... (pour la France) et sur d'autres sites en fonction du secteur géographique choisi.
- Je note sur un petit calepin, toutes les infos utiles : téléphone des refuges, itinéraires bis, horaires de bus ou de navette, téléphone de taxi, ... quelques infos complémentaires sur les points "clefs" : franchissement d'un col, ascension d'un sommet : je fais "en gros", un très bref résumé du parcours.
- Et depuis fin 2019, j'ai compléter cartes et topos papiers, avec une appli. sur mon téléphone : Alltrails
- Je prépare mon sac en mode "virtuel" d'abord : je créer une liste "type", je note dans quel compartiment je vais "loger" mes affaires et dans quelles pochettes elles seront, je note également le poids pour avoir une idée du poids total du sac, en fonction, je fais le tris ... de ce que je garde, ce que je change, ce que j'emporte ! Cela demande, ici, aussi, un peu de travail...
- Après tout ce travail de "gratte papier", je passe aux "choses sérieuses" : la préparation "physique" du sac, et la mienne ! C'est qu'il faut être en forme là haut !
- Et l'aventure, peut enfin COMMENCER
!!!
Chemin de l’énergie - Mercantour







