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J 2 : Refuge de la Blanche → Col de Saint Véran / Col de Saint Véran → refuge de la Blanche - refuge de la Blanche → Saint Véran.
Le vent souffle dehors. Il est tôt, on aurait qu'une envie : se lover dans une bonne couverture, se caler sur un canapé près de la cheminée... Ça donne pas vraiment envie.
Je fais une tentative, met le nez dehors.... Tous aux abris ! Ça caille "grave", comme dirait l'autre. Le vent souffle, et de fait, fait chuter les températures, la température ressentie, atteins des valeurs négatives. C'est donc en mode "bibendum" que nous allons sortir, affronter le froid mordant et plus que glacial. Nous faisons une tentative, une chose est sûr le sommet se sera pour un autre jour.
Des skieurs de randos font de même : peau de phoque, DVA, casque, doudoune, sac... Ils sont aussi bien équipés que nous. Nous nous dirigeons vers le Caramantran eux plutôt vers le Col Blanchet... Eux, comme nous, ne sommes pas découragés par le temps venteux, car malgré tout il y a du soleil...
Après les tests d'usage de notre "meilleur ami" le DVA. Nous chaussons nos raquettes, et quittons le refuge. On dirait une échappée de cosmonautes tout droit sortis d'un vaisseau. On est tellement emmitouflé que le vent cherche désespérément à pénétrer le moindre interstice laissé par mégarde à l'air ! Nous progressons, en lacets, c'est mieux, et surtout moins fatiguant. On zig et on zag, ainsi tout doucement ou presque, le vent vient par moment nous bousculer, mais comme celui-ci par un peu dans tous les sens, il ne nous aide guère ! Bref, nous n'en sommes pas encore rendu au "courage, fuyons" ! L'altitude, des 2800 m, est atteins. On fait le point, ce n'est plus tenable, nous sommes à deux pas du col de Saint Véran, et à deux doigts de décoller, aussi. Le vent souffle plus que fort. Nous faisons face à des rafales de plus de 80 km/h... ça fait de jolis photos, certes ; mais ça paralyse aussi. Il est temps donc, de rebrousser chemin, et de redescendre au refuge se mettre à l’abri... et surtout au chaud ! Lors de notre descente, nous apercevons au loin, les skieurs, qui eux aussi, rebroussent chemin... Le vent aura eu raison de nous. Toutefois, le sommet sera "conquis" par les copains, la weekend suivant. La météo, pour le coup, était bien meilleur : ensoleillée (si, si) et surtout sans le moindre souffle de vent !
Le refuge... nous ouvre ses "bras". La chaleur nous saisie. Un pur moment de douceur et de bonheur. On s'installe près de la très grande baie vitrée au soleil. On prend un petit thé, histoire de retrouver un peu de chaleur intérieur. On compte ses doigts - même de pieds ! - : "tout le monde" est là, "tout le monde" va bien. Dehors le vent souffle toujours avec autant de vigueur... Nous, nous sommes là, le nez collé à la vitre, en train d'admirer le paysage, et notamment la Tête des Toillies qui domine. Je fixe le sommet, je balaye du regard le paysage et me remémore de beaux souvenirs, le Tour de la Tête des Toilies, et son bivouac au col de Longet. Sur ce tour, la montée au col de la Noire m'est restée gravée, par deux fois j'y suis montée - car hé oui, par deux fois j'ai réalisé ce joli tour -, et je m'étais fait la réflexion la première fois que jamais je ne remonterais au col de la Noire, raide à souhait !! Mais comment, résister à l'appel des hauteurs, et aux joies du bivouac...
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Après ce petit intermède de réconfort, il nous faut songer à redescendre vers la civilisation. Nous faisons un point carte. Nous prendrons le chemin des écoliers pour rentrer vers Saint Véran. La veille nous avions emprunter la piste de fonds, aujourd'hui nous passerons, par le fond du vallon - accessoirement le GR 58, Tour du Queyras -. Le départ est donné, après le rituel habituel : contrôle des DVA (et oui, encore, et toujours !), le sac sur le dos, les godasses fixées sur nos raquettes... Bien bâchés... Un au revoir au sympathique gardien de ce beau refuge, et zou, la petite troupe se met en route...
Nous entamons notre descente, tout d'abord par la piste... Au passage on fait un petit clin d’œil la jolie Chapelle de Clausis ; un dernier regard vers le refuge... Et nous prenons la tangente vers Chat Marcel. La prudence est de mise ici, le secteur juste en dessous de la Chapelle Sainte Elisabeth est réputée avalancheux. Notre BRA à beau être à 2, nous ne quittons pas des yeux ou presque ce qui se situe au-dessus de nous, à droite comme à gauche... Nous récupérons un peu plus loin une piste damée - il ne faut pas oublié qu'ici, c'est un secteur de ski de fond - . Nous poursuivons notre descente... jusqu'à trouver à main droite un petit passage qui mène de l'autre côté du torrent (ce petit passage, correspond sur la carte, au sentier emprunter habituellement l'été, petit passage que j'ai par le passé emprunté en hiver et en raquette)... Il nous faut pour cela traverser un petit pont de bois, bien fatigué, et surtout bien enneigé, faire attention aux trous, afin de ne pas tomber dans l'eau... nos orteils nous en voudraient !! Quelques acrobaties plus tard, nous voilà rendus de l'autre côté, dans une neige dépourvue de toutes traces. Nos "opérons" ici, une belle traversée à travers la forêt tout d'abord, puis à travers les alpages, nos sommes en mode "remontée ascendante", nous devons récupérer un peu d'altitude pour récupérer le sentier principal qui mène à Saint Véran. Une pause... une barre... l'oratoire Sainte Luce est en vu, ce qui signifie que notre tour touche à sa fin...
Saint Véran... nous voilà rendu.
Bilan et humeur des troupes après ce beau weekend : humeur "excellente sup..." ; que du beau... malgré le vent et le froid ; encore de beaux souvenirs emmagasinés. Pour sûr on reviendra ! Humeur de la météo un peu fatiguée...
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